Mac OS X 10.3 (Panther) : le dossier complet !

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Halte là, polices !

Vu l'ambiance plutôt ultra-sécuritaire de la France en ce moment, on ne sera pas surpris de voir parler ici de la police. Enfin, plutôt, des polices, et plus exactement des polices de caractères de Mac OS X 10.3. Car si Mac OS X possédait déjà des arguments de poids dans sa gestion des polices, Panther en rajoute encore une couche non négligeable. Tout d'abord, revenons sur quelques caractéristiques de la gestion des polices avant Panther.

Mac OS X et les polices : une histoire d'amour ?

Apple a énormément misé sur la partie Apple Type Services (ATS) de Mac OS X, qui gère tout ce qui est lié aux polices dans le système et les applications. Rappelons déjà que Mac OS X gère un bon paquet de types de polices :

Et non seulement il gère un bon paquet de types de police, mais en plus il en gère un nombre illimité. Rien que ça ! Par ailleurs, le moteur ATS lisse dynamiquement les fontes de la meilleure façon qui soit, et les polices peuvent être chargées dans les applications Cocoa dynamiquement depuis Mac OS X 10.2. On peut aussi classer les polices directement dans des sous-dossiers, et Mac OS X les charge aussi, bien propre tout ça.

Rappelons aussi que Mac OS X peut charger les polices à partir de 4 dossiers Fonts différents de votre Mac :

Notez que ces dossiers sont consultés dans le même ordre : si une police est installée dans le dossier Fonts de l'utilisateur et qu'une autre de même nom est placée dans le dossier Polices de l'administrateur, c'est la première qui est chargée pour l'utilisateur.

En cadeau bonux, y'a un autre dossier consulté par votre Mac : le dossier Polices utilisé par Classic, qui se trouve donc dans votre Dossier Système à la sauce Mac OS 9. Et oui, toute police placée dans ce dossier est également chargée au lancement des applications Carbon ou Cocoa. Attention cependant : vous ne pouvez le modifier qu'une fois Classic fermé, ouille…

Autre amélioration significative : les polices endommagées sont automatiquement désactivées par le système, et les conflits inexistants.

Enfin, Mac OS X gère aussi des polices complexes dotées de ligatures rares (l'utilisation de la police Zapfino est impressionnante à cet égard), de glyphes complexes (voir encore Zapfino)

Je vous invite à consulter cette page d'Apple pour en savoir plus sur Mac OS X et la gestion des fontes, vous en apprendrez en particulier plus sur les polices intégrées au système (et au passage, qu'il y en a quand même dedans pour 10 000 euros, rien que ça). Encore plus intéressante, cette autre page du site d'Apple contient un superbe document PDF contenant diverses informations sur la gestion des polices au sein de Mac OS X. Et je pense qu'on en fera un dossier complet dans quelques temps sur Gete.Net (au rythme où vont les évolutions du site, il sera prêt en 2067).

Mais comme vous le constatez, y'a beaucoup d'endroits où gérer les polices, et savoir où les installer n'est pas si évident. D'où l'intérêt d'une grande nouveauté de Mac OS X 10.3…

Livre de polices : le gestionnaire de polices intégré

Ça y est, Apple livre enfin un gestionnaire de polices avec Mac OS X ! Nommé Livre de polices (moi je préfère la version anglaise, FontBook), il va vous changer une bonne partie de votre vie avec les polices.

Lorsque vous double-cliquez sur une police, il n'y a plus de bête message à la noix de la part de l'OS. Nan, cette fois-ci, il ouvre la police dans l'application Livre de polices. Ooooooooooooooooh, on applaudit, mais pas trop fort, il faut en garder pour plus tard.

Donc, la police s'affiche avec un petit aperçu de ses caractères. Si vous ne comprenez rien, c'est normal, il s'agit d'une police utilisée dans le jeu Phantasy Star Online. Si elle vous intéresse, allez voir le site PSO World. Oh, z'avez vu ? Y'a un bouton Ajouter ! On clique dessus, et hop, la police est rajoutée, c'est pas beau ça madame ? Notez qu'elle est par défaut installée uniquement pour l'utilisateur. Elle est alors déplacée dans le dossier ~/Bibliothèque/Fonts.

À partir de ce moment, vous gérez vos polices comme vous l'entendez à partir du Livre des Polices (ça me fait penser au Livre des Ombres des soeurs Haliwell, quelle culture hein). La colonne de gauche liste les collections de polices disponibles. Un clic sur une collection affiche son contenu dans la deuxième colonne.

La troisième, optionnelle, liste à quoi ressemblent tous les caractères d'une police. Cet aperçu dispose de trois modes (disponibles via le menu Aperçu) : Échantillon (affichage d'un alphabet et des 10 chiffres arabes). Plus d'informations sur la police, comme son type, son copyright… sont également disponibles en sélectionnant Afficher infos polices. Enfin, la taille de l'aperçu est réglable, mais vous pouvez sélectionner dans le menu de taille Adapter pour toujours voir tous les caractères.

Bon, tout ça déjà c'est super, mais… ses collections, elles servent à quoi ? Tout simplement à créer des groupes de polices. Admettons que vous n'utilisiez jamais certaines polices : rien ne s'oppose ici à créer une collection de polices contenant toutes ces polices et de les désactiver temporairement. Un clic, et hop, elles sont réactivées.

Évident ? Pas tant que ça. En effet, lors de mes premières utilisations des collections, j'ai remarqué que leur désactivation ne désactivait en fait rien du tout. Enfin, pas tout à fait : cela désactivait juste la collection de l'affichage de la palette typographique de Mac OS X. Vous savez, cette fameuse palette standard disponible dans les applications Cocoa et même certaines applications Carbon aujourd'hui. Ouvrez TextEdit, et faites l'expérience : affichez la palette des polices avec un bon Commande - T.

Cette palette s'est considérablement améliorée avec Mac OS X 10.3. La recherche de polices y est intégrée, on peut créer facilement des collections avec les boutons + et -, et même glisser-déposer des polices dans les collections.

Revenons sur notre histoire de collections : quand on désactive une collection dans le Livre des Polices, on ne fait que désactiver l'affichage de cette collection dans la palette des polices des applications… mais la police elle-même reste disponible ! Frustrant non ? Moi je m'attendais à voir les polices désactivées complètement, à la sauce ATM. Que dalle ! Pourtant, j'ai trouvé deux solutions :

- La première consiste à enfoncer la touche Option tout en cliquant sur le bouton Désactiver de la collection, qui devient alors Tout désactiver ;

- La seconde, radicale, demande juste à faire un saut dans les préférences du Livre des polices… et là, une chtit' préférence propose de désactiver juste la collection ou toutes les polices de la collection. Cochez la deuxième, et vous êtes tranquille.

Notons enfin que le Livre des Polices permet de désactiver les doublons, via un passage dans le menu Édition.

Et si vous laissez votre curseur immobile une seconde sur une police ou une information de la zone dédiée à cet effet, d'autres informations apparaitront. Magiiiiiiiiiiiiique.

Le cas des applications Carbon

Maintenant, nous savons que le livre des polices fonctionne correctement avec les applications Cocoa, comme TextEdit… Mais quid des applications Carbon ? C'est ce que j'ai voulu savoir, avec trois applications Carbon qu'on pourra estimer comme des canons du genre : Word v.X, AppleWorks 6 et FileMaker Pro 6.0. Une fois les trois applications chargéees, j'ai désactivé quelques polices via le Livre. Résultat : Word v.X se rend compte du changement, mais pas dans tous ses menus (curieusement, la barre des menus n'est pas modifié, mais celui dans la barre d'outils Texte change bien), mais FileMaker voit toujours les polices chargées, tout comme AppleWorks. Bref, c'est pas encore tout à fait ça pour ces applications, mais vu que leur moteur de gestion du texte est assez particulier, je ne m'attendais pas vraiment à mieux, et dans le pire des cas, relancer l'application suffit pour corriger tout souci. En revanche, pour l'excellent Tex-Edit Plus (à ne pas confondre avec le TextEdit d'Apple), pas de souci particulier, d'autant plus qu'il gère la palette des polices à la Cocoa. Ça manque quand même d'harmonisation tout ça, au travail mesdames et messieurs les développeurs (c'est vrai ça, arrêtons ce machisme du développeur exclusivement masculin) !

Quid des autres utilitaires de gestion des polices ?

Pas d'inquiétude à avoir : SuitCase et FontReserve (qui devraient fusionner dans l'année) ont encore de la marge. Entre l'activation des polices par application, le contrôle des polices en réseau et autres joyeusetés, ces produits sont toujours ultra-efficaces et indispensables dans toute entreprise graphique digne de ce nom. Mais le Livre des polices conviendra aux utilisateurs lambda qui ont besoin de gérer leurs polices de façon un chouïa plus efficace.

Autres nouveautés avec les polices

La palette des polices cache d'autres nouveautés, comme un menu Typographie pour afficher les variantes d'une police (réellement spectaculaire, testez avec le police Zapfino pour voir !), ou l'ajout d'ombre sur le texte et le contrôle du fond de fenêtre dans TextEdit. Superbe, même si je regrette la trop petite taille de la molette pour régler l'angle de l'ombre… N'empêche que c'est très très bien fait.

Conclusions sur le Livre des polices

Une très belle nouveauté que voila ! Tout dans cette application respire la bonne organisation, le sens commun. Si les menus de police à rallonge vous saoûlent, Panther fera votre bonheur. Moi j'aime, en tout cas, à part le réglage par défaut de désactivation des collections qui m'a un peu irrité. Pour le reste, c'est excellent, et la gestion des polices sous Mac OS X continue d'écraser les autres systèmes d'exploitation. Encore un bon point pour justifier le passage vers Panther.

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