Pour ou contre le partitionnement ?

21/6/03 - par GG - La vie est parfois extraordinaire. Regardez un peu : il y a quelques semaines, je propose à Gilles de me donner ses réflexions sur le partitionnement, s'il est pour ou contre ou les deux. Et moi de faire de même.

Et là, incroyab' mais vrai : il s'avère que Morice, un lecteur qui cause chez le François Cunéo de la Chouiche, se décide à pondre un dossier sur le partitionnement, dossier que je vous invite vivement à lire. Dingue dingue dingue, cette coincidence. D'autant que le dossier s'avère fort bien pourvu et pleins de renseignements techniques intéressants.

Il y a cependant une différence très importante entre Morice et moi (et Gilles, par la même occasion) : autant Morice est pour le partitionnement, autant je suis devenu contre. Et là, dans un dossier équilibré, je dirais qu'il faut parler des avantages, mais également des inconvénients du partitionnement. Et puisque Morice a fait le pour, ben je vais faire le contre. Na. Bien entendu, mes commentaires peuvent être plus que sujet à discussion, et c'est pour cela que je vous invite à adresser toutes vos critiques dans les forums.

De la subjectivité de la rapidité de l'ordinateur contre la rapidité de l'utilisateur

Une de mes premières critiques sur l'utilisation du partitionnement reste l'argument Number Ouane, absolument indestructible, LA Loi universelle :

"Le partitionnement accélère le fonctionnement de l'ordinateur".

Ah ben oui, c'est évident. Si on regarde toutes les théories et certaines données, c'est tout à fait vrai.

Le seul problème, c'est… dans quelle mesure ? En effet, quel est le gain réel procuré par le partitionnement du disque ? Est-ce qu'il compense largement les problèmes posés par le partitionnement ? Car s'il y a gain de temps en terme de rapidité de disque, mais un gain très limité, quelques secondes tout au plus. Si vous faites partie de ceux qui ne peuvent s'empêcher de balancer un énorme râle de bonheur dès que vous avez overclocké votre processeur de 2 MHz, en ayant le bonheur d'afficher deux images de plus dans Quake III (comme si ça allait bouleverser l'intérêt du jeu…), évidemment, le partitionnement vous semblera un vrai rêve. Moi, j'aurais plutôt tendance à répliquer que le temps passé à tester, améliorer, bidouiller sa machine, c'est du temps en moins à passer à bosser ou jouer sur sa machine. Mais ce n'est qu'une question de point de vue, of course. Pourtant, un ordinateur, c'est fait pour être exploité avec un clavier et une souris, pas avec un tournevis, nan ?

Une partition, ça se remplit plus vite qu'un disque…

Regardons maintenant de plus près ce qu'impose le partitionnement. Quand vous partitionnez un disque, vous crééez différents volumes. Chaque volume fonctionne comme un disque différent. Cela implique que tout transfert d'un disque vers un autre se fera par une copie des informations, pas un simple déplacement. Donc, de nombreux Mo, voire Go de données feront probablement le transit entre vos partitions, d'un volume à un autre. Perte de temps, ça oui.

Un autre problème : le partitionnement crée des volumes plus petits. L'un des intérêts du partitionnement avant Mac OS 9.1 était de réduire la taille des blocs HFS, mais HFS+ a liquidé cet argument, vu que les blocs font désormais 4 Ko, quelque soit la taille du volume. Y'a d'ailleurs une erreur dans l'article de notre ami Morice : on peut sans problème faire des volumes de plus de 2 Go en HFS standard, cf l'article 8647 de la KBase. Bon, évidemment, ça faisait des blocs énormes, donc le moindre fichier d'1 octet pouvait prendre plusieurs Mo sur le disque dur, merveille des merveilles… :-)

Maintenant, voyons le problème d'un autre côté. Je possède plusieurs partitions, et je dois transférer un gros fichier dessus. Et là, combien de fois m'est-il arrivé d'avoir le cas suivant :

Et oui, on a de la place séparément, mais pas sur une seule partition… Donc, ça coince ! On pourrait me rétorquer que ça ne serait pas un cas courant aujourd'hui vu l'agrandissement constant de la taille des disques durs… Ben voyons ! Je n'ai rien inventé ici, et un petit projet iDVD sur mon disque dur pèse déjà 1,5 Go, et je peux vous assurer qu'il dépassera largement cette taille une fois terminé. Brrrrrrrr. En tout cas, une chose est sûre, c'est que plus vos morceaux sont petits, plus ce genre de situation risque d'arriver rapidement. Et dans ces cas-là, on est obligé d'effacer/déplacer des données d'un disque ou d'un autre, de faire des choix déchirants, et là, on regrette d'avoir des petits bouts de disque séparés plutôt qu'un seul volume…

Le cas Classic

Beaucoup d'utilisateurs de Mac OS X avaient créé une partition réservée à l'utilisation de Mac OS 9, complètement séparée de Mac OS X. Cette norme, qui était celle imposée lors des débuts de Mac OS X, est désormais caduque, puisque les machines démarrent quasiment toutes sous Mac OS X exclusivement aujourd'hui. Pour les ceusses qui sont encore fans du Dual boot sous 9 (et qui peuvent se le permettrent), je ne conseille pourtant pas de faire une partition réservée à Classic, et une autre au 9. Car cela signifie jongler avec deux jeux de préférences, deux jeux d'extensions, deux jeux d'informations… Et vous perdez encore de la place sur vos partitions. Préférez une seule partition unique, avec Mac OS 9 et Mac OS X installés dessus.

Et à ceux qui trouvent que le partage de fichiers de Mac OS 9 est loooooooooong à se mettre en route lorsque Mac OS X est installé, je leur propose de redémarrer sous X : en effet, les taux de transfert de poste à poste client sous X n'ont rien à voir avec ceux de Mac OS 9… Vous y gagnerez laaaaaaaaargement, surtout sur les grosses quantités de données.

Exploiter plusieurs Mac OS X ou 9 sur un seul Mac

Voici l'un des rares cas où le partitionnement se fait sentir : pouvoir exploiter plusieurs versions différentes de Mac OS X sur la même machine. Là, pas de problème, partitionnez. Mais ne créez pas une partition par version d'OS ! Conservez juste votre partition principale, avec votre OS, et la partition secondaire, avec votre Mac OS X de test. Vous aurez rarement besoin de réinstaller Mac OS X (si si), et dans le pire des cas, Mac OS X 10.2 a introduit la fonction Archiver et Installer, qui fait un sacré bon boulot dans l'ensemble.

Et si je veux plusieurs Mac OS 9 ? Là, pas de problème, vous pouvez avoir autant de Mac OS 9 que vous le souhaitez sur une seule partition. Vous pouvez même les ranger dans des dossiers spécifiques, avec les versions des applications que vous souhaitez conserver, et ce, toujours sur la même partition, ça ne pose pas de souci majeur. Il est vrai que l'on perd la possibilité d'appuyer sur la touche Option au démarrage pour changer de système de boot, mais je ne pense pas que ça soit un inconvénient majeur. Moi-même, je ne redémarre pas sous 9. Hein, quoi ? Ah oui, c'est vrai, j'ai un PowerBook 17" ;-) Mais même sur mon ancien Titanium, le reboot sous 9 était exceptionnel, et en le faisant sur un OS installé sur la même partition que Mac OS X, je n'ai jamais rencontré de pépin. Etonnant, pour une Pomme. Ah ah.

La légende du swap

Il parait que mettre le swap (ou mémoire virtuelle) sur une partition dédiée accélère notablement le système… Il parait. Pourtant, on oublie souvent de rappeler que c'est intéressant quand on déporte le swap vers une partition d'un autre disque physique. Si le swap est sur le même disque, le gain de performance sera négligeable. Et de toute façon, de quelle taille devez-vous la faire, cette partition de swap, hein ? Chez moi, le swap a parfois atteint plus de 15 fichiers de 80 Mo chacun, faites le calcul pour la place à prévoir… Donc, oubliez la partition de swap, et achetez de la RAM, les prix sont plus que corrects en ce moment, et vous y verrez un vrai gain de performances.

Quid de la sécurité des données ?

Raison choc invoquée pour les partitionnements : c'est utile pour sauvegarder. Là, je le dis carrément, non. C'est juste une perte de temps, pas vraiment un avantage. Il suffit que le disque lâche entièrement (c'est fragile ces mécaniques, vous savez…) pour que vos données, y compris votre pseudo-backup, soient perdues. La seule sauvegarde à faire doit être effectuée vers un support externe, tout autre pseudo-backup vers une partition de votre disque n'est qu'une perte d'espace disque. Rien ne garantit que votre disque entier ne soit pas perdu, voire uniquement votre partition contenant vos documents et votre partition de backup…

Petite histoire, véridique évidemment : sur une liste de discussion (MacFR, pour ne pas la nommer), un co-listier a un jour lancé un message d'alerte, car il avait perdu sept partitions sur les huit de son disque. Ouille ! Je vous donne la description de ses partitions, telles qu'il les avaient indiquées à l'époque :

1) Base système 9.1 US - 2.4 GB - HFS+
2) Applications 9 US - 4,8GB - HFS+
3) Storage divers OS pour tests - 22GB - HFS+
4) Burotique only 8.6 US - 2.4GB - HFS
5) Docs perso (sans OS) - 650MB - HFS
6) image disk à graver - 650MB - HFS
7) Maintenance (virex/norton/disk warrior/tech tool) 8.1 Br - 650MB - HFS
8) Mirroir Base Système = partition 1

Imaginez le temps perdu à gérer, préparer, transférer ces partitions… Je me souviens plus laquelle des partitions était récupérable, mais je ne suis même pas sûr que quoi que ce soit le fut de toute façon. Au final, à trop vouloir partitionner, saucissonner et rationaliser, on en oublie de travailler, et de faire des backups, alors que c'est finalement le point le plus important… Perdez moins de temps sur vos partitions et plus de temps sur vos backups, il en restera toujours quelque chose, alors que les partitions, c'est moins sûr…

Enfin, la partition réservée au Norton ou autre pour la défragmentation, c'est vraiment de la perte de place. Chez moi, la défragmentation, ça se fait après un backup en bonne et dûe forme, de toute façon, et en ayant démarré d'un autre support pour éviter tout dégat. Et c'est pas parce que vous allez démarrer du CD-ROM que vous allez perdre 4 fois plus de temps : démarrez sur le CD, allez vous brosser les dents (trois minutez pour qu'elles soient bien propres, je vous rappelle), revenez sur votre Mac, lancez la défragmentation, et ensuite, à vous de décider du planning, dodo, calins avec Monsieur ou Madame, GameCube, écoute de Mike Oldfield, etc. Après tout, c'est surtout une affaire d'organisation temporelle plus que spatiale :-) Enfin, je vous rappelle que la défragmentation, on la fait quand y'en a besoin, et pas une fois par jour…

Séparer Système, applications et documents

C'étit un truc que je faisais souvent à l'époque des systèmes 7 et de Mac OS 8/9, mais que j'ai aussi laissé tomber. La séparation n'a pas réellement lieu d'être aujourd'hui, et elle crée parfois des problèmes. Par exemple, sous Mac OS X, les mises à jour risque de mal se passer ou de ne pas se passer du tout si l'application n'est pas dans son dossier Applications. Par ailleurs, certains raccourcis-claviers comme le très pratique Commande - Majuscule - A (pour appeler le dossier Applications, justement) seront inactifs. Enfin, les utilisateurs sont très bien dans leurs dossiers utilisateurs, et là encore, une réinstallation du système avec l'option Archiver et installer fait assez dans la finesse pour éviter tout souci majeur… Bref, oubliez cette méthode de classement, et abusez plutôt des alias dans tous les sens. Dans la mesure du possible, d'ailleurs, n'altérez pas la méhode de rangement du système, elle est prévue pour éviter les problèmes.

Préparation à la gravure de CD : et les images-disques ?

Il parait que ça le fait super bien d'avoir une partition réservé à la gravure (oubliez gravage, s'il vous plait, ça n'existe pas !) de CD. Bof bof bof. Là encore, la pratique prouve qu'une image-disque évite les problèmes de blocs perdus dans tous les sens ainsi que les erreurs de tailles de fichiers incorrectes entre le volume contenant les fichiers originaux et le résultat final gravé. Y'a que le cas du CD bootable qui peut se faire poser des questions, et encore… Avec un utilitaire comme BootCD, on crée des images-disques bootables sous X sans trop de souci. Pour créer une image-disque bootable sous 9, glissez un dossier système dessus (trop dur !), et gravez avec Toast. Donc, on peut liquider cette partition là, reliquat du passé.

En conclusion

Mon but avec cet article était de démontrer que le problème du partitionnement est parfois pris avec beaucoup trop d'excès. Je ne suis pas contre le partitionnement, mais je pense que son intérêt décroit avec le temps, et il crée finalement plus de mal que de bien. Du moins, de mon point de vue. Il est clair que certains des arguments développés dans l'article de Morice sont parfaitement valables, mais il me semble que l'aspect simplicité d'emploi et problèmes posés par sa gestion y est un peu trop mis de côté. Avoir 7 icônes de disques durs à gérer au lieu d'une seule, je ne pense pas que l'on puisse appeler ça de la simplicité. Mais après tout, chacun son point de vue, n'est-ce pas ? Moi, je préfère juste celui de l'utilisateur non technoide :-)

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Une partition rédigée par GG, le non-partitionneur fou