Police, on ne bouge plus !

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Introduction | Définitions | Influence des polices et du Mac | Mac OS X et les polices

Où placer ses polices ? | La palette de polices | Le livre des polices | Infos en rab' | Liens


Introduction

15/03/04 par GG - Mac et graphisme ont toujours fait bon ménage. Mais tout autant que par sa gestion de l'affichage, le Mac a fait la part belle à la gestion des fontes. Mais si Mac OS 9 disposait déjà de possibilités largement au dessus de la concurrence sur ses facultés de gestion des polices, Mac OS X écrase littéralement ce dernier par ses capacités. Nous allons donc refaire un petit tour d'hoirzon. Voire un grand tour, après tout, je vois pas pourquoi je ferais du petit. Après le dossier Panther, c'est pas ça qui va me faire peur, hein.

Quelques définitions du monde des polices

Police : Une police de caractères est un ensemble de caractères d'une même graisse et d'une même famille (partageant le même dessin). Accessoirement, permet également plein de jeux de mots très fins, comme "Polices, on ne bouge plus !", qui sert de titre à cet article. J'ai honte.

Fonte : une sous-composante de la police. Si vous décidez dans un logiciel de choisir une taille spécifique de police, par exemple de l'Helvetica 12, on parlera de la fonte Helvetica de 12 points. Mais c'est un peu plus compliqué que ça : si on parle de police Helevtica standard, italique, ou gras, on fait référence à la même police.

Bitmap : les premières polices du monde Mac étaient dessinées en des tailles bien précises. Ainsi, on avait des polices en 12 points, 14 points, 16 points, voire 48 points… Mais pas de taille intermédiaire ! Que se passait-il alors si on voulait faire une taille intermédiaire ? Et bien, certains logiciels le permettaient, mais le résultat à l'écran et à l'impression était affreux, car le Mac calculait lui-même les formes de la police pour un résultat pas vraiment convaincant. L'extrapolation, c'est pas forcément le point fort des ordinateurs. Du coup, les polices Bitmap se sont révélées assez rapidement limitées, d'où l'arrivée des polices…

PostScript : technologie inventée par Adobe. En fait, PostScript est bien plus qu'un type de polices, c'est un langage de description de pages. Avec PostScript, on peut dessiner des dessins et faire des impressions de toute beauté, car l'ordinateur s'occupe de gérer des formes mathématiques (les fameuses courbes de Béziers), pour donner à la magnifique paire de seins du poster de Samantha Fox que vous avez récupéré sur Internet un aspect parfait une fois imprimé. Ce qui est toujours agréable, n'est-ce pas ? Par extension, PostScript est devenu également un langage de description de polices. Cette fois, ce n'est plus une matrice de points qui décrit les formes de la police, mais des courbes mathématiques complexes.

Cependant, le problème de PostScript, c'est que c'est un programme sous licence Adobe, et donc, quand on veut exploiter du PostScript, faut payer sa licence à Adobeuh. Les constructeurs d'imprimantes le font, les développeurs de logiciels exploitant du PostScript, etc.

Par ailleurs, les polices PostScript ne sont pas lissées automatiquement à l'écran. Il faut donc faire appel à une autre technologie : Adobe Type Manager (le fameux ATM) afin de gérer le lissage. Enfin, les polices PostScript ne peuvent pas s'afficher directement à l'écran (sous Mac OS Classic), si vous n'utilisez pas une police écran en plus d'une police imprimante. Sans cela, vous risquez de rencontrer des soucis…

On distingue différents types de polices TrueType : Type 1, Type 3 et Type 5. La différence importe peu au public de GN, il ne sera utile que pour les pros des pros !

Bref, toutes ces histoires de licences et de polices multipliées ne plaisaient pas à deux autres gros acteurs du marché, qui ont créé…

TrueType : puisqu'il faut un nouveau format de police, Apple et Microsoft s'y collent, avec la création du format TrueType. Sur le papier, TrueType a tout pour plaire : format de police existant sur Mac et sur PC (mais attention, on ne peut pas utiliser une police TrueType Mac sur un PC, et inversement… sauf sous Mac OS X, mais j'y reviens plus tard), format unique (plus besoin de police écran et imprimante), pas besoin d'ATM pour avoir un affichage correct à l'écran… C'est devenu un format populaire, mais qui n'a pas réussi à détroner le PostScript, déjà bien implanté dans le monde de la presse. TrueType fonctionne sous Système 7 et suivants, mais une extension TrueType existe pour le Système 6. En fait, sur TrueType, c'est Apple qui a fait toule boulot, Microsoft n'ayant fait que changer un peu le format pour le rendre incompatible entre Mac et PC (eh, on ne se refait pas). Un excellent résumé (en anglais) sur l'histoire tumultueuse de TrueType peut être consultée sur MacKiDo (qui reste, au passage, l'un des meilleurs sites de vulgarisation sur le Mac, très très très très riche).

Multiple Masters : les polices Multiple Masters MM ont été créé par Adobe, et on peut résumer la situation de la façon suivante : pratiquement personne ne les utilise, le marché étant désormais bien squatté par PostScript et TrueType.

OpenType : c'est le format qui a le plus fait parler de lui ces dernières années. Il a été créé par Adobe et Microsoft (décidément…), et propose encore plus de possibilités que TrueType, surtout grâce au support de…

Unicode : standard qui définit les différents caractères composant une langue de façon unifiée. En Unicode, chaque caractère est représenté par un code unique, identique quelques soient les plate-formes utilisées. Par ailleurs, une police Unicode dispose d'un nombre de polices impressionnantes : ainsi, une seule police Unicode peut contenir jusqu'à plus de 96000 caractères ! Balaise non ? On peut ainsi carrer les 30000 idéogrammes du chinois dans un seul fichier de polices.

Bref, on peut résumer la gestion des polices de la façon suivante : c'est le bordel. Et encore, je ne vous parle que des polices qu'on utilise courament, car il y a aussi d'autres formats, que j'ai découverts sur cette excellente FAQ. Vous pouvez aussi trouver d'autres définitions dans le DicoMac, qui devrait être fini aux alentours de 2032 si tout va bien.

De l'influence des polices et du Mac

L'apparition de la gestion des polices au sein du Mac date d'il y a bieeeeeeeeen longtemps… Du Mac, en fait ! Et avec elles, l'ouragan de la révolution de la PAO. Mais l'utilisation des polices n'a pas que des avantages :

À l'époque de Mac OS 9.2 et précédents, on n'avait (on n'a, Mac OS Classic n'est pas encore disparu, quand même !) rien pour gérer les polices, Apple ne proposait pas de solution intégrée. À partir du système 7.1, on a vu apparaitre le dossier Polices, et… c'est tout ! Pour ce qui est d'activer ou désactiver les polices, c'est à la mano. Et pour le contrôle, rien à faire, un utilitaire est indispensable, d'où la popularité d'outils comme Adobe Type Manager Deluxe, d'Adobe (encore eux !) et Suitcase, d'Extensis. Les deux produits se sont longtemps tirés la bourre, jusqu'à l'arrivée de Mac OS X. Et ce dernier a apporté des modifications radicales dans la gestion des polices.

Suite : Mac OS X fait la police (promis, après j'arrête les jeux de mots)