Police, on ne bouge plus !

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Mac OS X : la gestion de polices, pleine puissance

L'arrivée de Mac OS X représentait pour Apple le moment idéal pour améliorer grandement la gestion des polices au sein du système. Du coup, elle a fait place nette et développé un nouveau moteur typographique appelé Apple Type Services (ATS).

Ohhhhhhhh, un zouli schéma en provenance directe du site Developeur d'Apple !

Mac OS X propose donc un ensemble de fonctionnalités disponibles directement pour les programmeurs, mais ayant un impact significatif sur son utilisation au jour le jour. Plongeons-nous donc dans ces délices. Que nous propose donc ATS ?

La gestion de l'anti-aliasing

Mac OS X gère automatiquement le lissage des polices à l'écran, qu'il s'agisse de polices TrueType ou PostScript. Ça veut dire que l'utilisation de polices écran lors de l'intégration de polices PostScript dans un document n'est plus obligatoire. Mieux, vous pouvez vous passer d'ATM Light, vu que Mac OS X fait tout le boulot de lissage. Attention avec Classic : l'utilisation d'ATM Light reste indispensable pour afficher correctement les polices dans des applications comme Quark XPress. Vous pouvez télécharger ATM Light gratuitement sur le site d'Adobe.

Il y a eu beaucoup de débats sur la qualité de l'anti-aliasing dans Mac OS X. Un site propose une analyse intéressante des différentes méthodes de lissage à travers les différentes méthodes de lissage de l'OS, qui peuvent en effet poser des problèmes sur les petites polices.

Conséquence pratique : vous pouvez passer par la préférence Système Apparence (Général sous Mac OS X 10.2) pour régler l'anti-aliasing en fonction de votre écran. Comme ça, si vous avez un écran plat, l'affichage des polices sera de meilleure qualité.

Et si vous voulez voir à quel point le lissage des caractères peut affecter l'affichage, il suffit de tester avec ou sans lissage le même texte, ce que permet par exemple Word, avec son option bien nommée :

Le résultat est éloquent :

Sans le lissage Quartz

Avec le lissage Quartz

Bref, vous faites comme vous voulez, mais moi, je préfère largement avec le lissage.

Une gestion typographique super avancée

À ce jour, il ne semble pas exister de moteur typographique aussi avancé que celui de Mac OS X. Non content de permettre même dans des applications aussi simples que TextEdit de proposer des fonctions comme le contrôle du crénage ou des interlignes, le moteur ATS permet la gestion de ligatures au sein des polices et l'exploitation de glyphes. Qu'est-ce qu'un glyphe ? Une version pompeuse serait : "Forme géométrique utilisée pour représenter graphiquement des morceaux de texte". En clair, un ensemble de plusieurs caractères peut être représenté par un seul glyphe de forme légèrement différente, et c'est par exemple le cas pour les caractères dits ligaturés, donc dotés de ligatures. En fait, des ligatures, vous en faites souvent sans le savoir : par exemple, le caractère œ représente une ligature entre les caractères o et e.

Pour mieux comprendre, voyez l'exemple suivant :

La police Zapfino livrée avec Mac OS X représente l'un des plus beaux ouvrages typographiques qu'on puisse rencontrer. Police de type caligraphique, elle s'inscrit dans la tradition de la belle écriture, avec des belles courbes et déliées. La ligature se voir dans le double "l" de "belle" : on a ici un double caractère, mais le premier "l" est différent du second. On a alors un glyphe composé de deux "l" de forme différente. Le mot Zapfino lui-même, représente un seul glyphe, dessiné de façon très particulière. D'ailleurs, quand on le tape, on voit clairement les caractères se modifier au fur et à mesure de la frappe… jusqu'au "o" final, qui modifie complètement la chaine de caractères et en fait un seul glyphe. Le moteur de Mac OS X qui gère cette partie s'appelle Apple Advanced Typography (AAT). Que c'est joli.

La détection des polices endommagées

Une police endommagée, c'est une police qui pourrit le système. Mac OS X 10 détecte comme un grand les polices endommagées et les désactive automatiquement. Dommage qu'il n'y ait pas un système d'annonces pour avertir en cas de problème d'une police, plutôt que de la désactiver sommairement… Des outils comme SuitCase ou FontDoctor proposent des fonctions de contrôle plus avancées.

Quel type de polices installer ?

Ben… À peu près tout. Mac OS X gère tous les formats de police connus, à l'exception des polices Bitmap, et encore. Et bonne nouvelle, une police PostScript n'a plus besoin de sa police écran, Mac OS X la gère directement et la lisse à la volée. Chic chic chic ! Pour le reste, OpenType, TrueType, Multiple Masters (uniquement à partir de la 10.2 pour ces dernières), TrueType Windows (sans conversion) … Vous nommez, Mac OS X gère ! Il fait même un peu plus, avec la prise en charge des polices TrueType DataFont. Il s'agit de polices un peu particulières, d'origine Apple et réservées au Système pour la plupart. Les polices de Mac OS 9 avaient l'habitude d'être conservées en plage de ressource (la fameuse resource fork, manipulable avec ResEdit). Sous Mac OS X, les données sont déclarées dans la plupart des cas persona non grata. Donc on trouve des polices sous ce format, mais c'est pas bien grave.

Suite : Message in a Bottle (normal, c'est du groupe… Police)