Ah ! Voila LA question qui tue. Où va-t-on bien pouvoir les mettres, ces satanées polices ? Dans Mac OS 9, c'était simple, on les plaçait dans le dossier Polices, et on n'en parlait plus. Ah oui, mais Mac OS X, c'est un système multi-utilisateurs, du coup ça peut pas être aussi simple Et si on cherche un dossier Polices sur le disque dur, on n'en trouve pas Bah alors, je fais quoi avec mes dix-mille polices à installer ?
Déjà, il faut savoir que le dossier Polices a été remplacé par le dossier Fonts. Déjà, ça retire un gros fardeau, quand on connait le nom du bon dossier Ensuite, il existe plusieurs dossiers Fonts, chacun se trouvant dans un dossier Bibliothèque (Library en anglais), et dont l'emplacement n'est cependant pas laissé au hasard. Allez, hop, schéma.

Alors, qu'est-ce qu'on apprend là-dedans ? Tout d'abord, qu'il existe cinq endroits (et même parfois plus) dans lesquels Mac OS X peut rechercher des polices, et que leur emplacement n'a rien de gratuit. Ensuite, que chaque utilisateur n'a pas forcément les mêmes droits face à un dossier Fonts donné. Enfin, , il existe une priorité de recherche des polices : cela signifique que chaque dossier est consulté dans un ordre précis, et que s'il y a des doublons entre les différents dossiers, la police du dossier qui aura la plus haute priorité sera la police exploitée par le logiciel.
Nous avons donc dans l'ordre (du premier dossier consulté au dernier) :
~/Library/Fonts : c'est le dossier Fonts personnel de l'utilisateur, stocké dans le dossier Library de son dossier de départ (désigné par le tilde, vous le savez depuis que vous avez lu le dossier Terminal
Non ? Ben vous devriez, plutôt que de regarder Clara Morgane à la télé). Chaque utilisateur dispose de son propre dossier Fonts, et peut placer les polices dont il a besoin à l'intérieur. Évidemment, ce dossier est personnel, donc les autres utilisateurs n'ont pas accès à son contenu. Pourquoi ce dossier a-t-il le plus haut niveau ? Pour permettre à l'utilisateur d'exploiter éventuellement ses propres versions d'une police sans pour autant devoir enquiquiner l'administrateur système, qui a de toute façon d'autres chats à fouetter et d'autres stagiaires à draguer. Bref, c'est le dossier le plus important. Si vous êtes utilisateur, c'est le seul dossier que vous pouvez gérer vous-même.
/Library/Fonts : ce dossier situé à la racine du volume de démarrage voit son contenu diffusé à tous les utilisateurs. Mais seul un administrateur du poste peut modifier son contenu. C'est un dossier intéressant pour les polices des logiciels non liés au système d'exploitation. Vous pouvez modifier son contenu, mais attention : iCal en particulier n'aime pas du tout qu'on touche à la police HelveticaNeue qui se trouve dedans! Pour le reste, vous gérez à peu près comme vous le souhaitez. Mac OS X a tendance aussi à rajouter pas mal de polices là-dedans, faites donc le tri.
Nework/Library/Fonts : ce dossier est très spécial, et sera très rarement exploité. Il demande à utiliser une architecture de partage entre Mac OS X client et sa version Serveur. Le principe est de partager un dossier Library/Fonts quelque part sur un serveur Mac OS X, et de le partager en tant que point de montage automatique pour les postes clients. Le poste client se connecte au serveur au démarrage (avant même la fenêtre de connexion), et hop, dès que l'utilisateur se connecte, le dossier Fonts est disponible et consulté. Très utile lorsque l'on a besoin de gérer beaucoup de polices en réseau. Seul un administrateur du serveur peut modifier son contenu. De plus, il semblerait que selon le type de partage utilisé, les polices contenant des ressources ne sont pas gérées. Attention donc, dossier à réserver aux plus aguerris.
/System/Library/Fonts : Celui situé dans le dossier Système de Mac OS X : son contenu est disponible pour tous les utilisateurs, mais n'est modifiable QUE par l'utilisateur root. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il s'agit des polices standard de l'OS, exploitées pour les fonctions de base du système. Ainsi, les polices de l'interface Aqua reposent dans ce dossier. Peut-on désactiver les polices de ce dossier ? Oui, mais à certaines conditions. Tout d'abord, si vous retirez/désactivez des polices, certains programmes risquent de faire la tronche. Je vous déconseille tout particulièrement de désactiver les polices Courrier, Geneva, Monaco, Times, Helvetica, Keyboard, LucidaGrande, Symbol et ZapfDingBats. Mais quid des polices japonaises ou chinoises ? Et bien, vous pouvez les désactiver et même les supprimer sans vous faire trop de souci. Il faut dire que ces polices pèsent leur poids : 86 Mo pour les polices japonaises, chinoises et arabes ! Si vous ne parlez aucune de ces langes, virez-les donc.
Cela fait donc quatre dossiers. Mais il en manque un, et celui-ci est plutôt surprenant. Il s'agit du
Dossier Polices d'un Dossier Système exploité par Classic. Ce dossier est intéressant si vos applications Mac OS 9 ont besoin d'accéder à certaines polices. En effet, aucun des dossiers Fonts de Mac OS X ne peut diffuser son contenu pour les applications Classic. Alors, plutôt que de dupliquer les polices entre le système Classic et les dossiers Fonts, placez plutôt ces dernières dans votre dossier Système 9. Relancez vos applications, et hop, les polices sont disponibles pour votre vieil XPress 3.32, votre Photoshop 3, etc. Notez que pour que ce dossier soit pris en compte, vous n'avez PAS besoin de lancer Classic : le chemin est pris en compte à partir du moment où vous avez choisi un dossier Système 9.1 ou supérieur dans la préférence Système Classic.
La question se pose surtout si vous devez exploiter la version PostScript d'une police plutôt que sa version TrueType. Et la réponse est sans ambiguité : OUI. Apple l'autorise formellement. Donc, là encore vous avez le contrôle total.
Il n'y a pas de limite au nombre de polices que vous pouvez installer. En fait, si : la quantité de RAM et la place sur votre disque dur. M'enfin, n'en abusez pas non plus, hein. Je vous rappelle que la limite de Mac OS 9 était de 128 valises de polices (mais chaque valise pouvait contenir plusieurs polices).
Là encore, aucun problème. Vous pouvez placer des dossiers complets de police à l'intérieur, et Mac OS X lira tout leur contenu. Vous n'êtes plus limité par une hiérarchie simple, avec des polices en vrac dans le dossier Système. Vous pouvez classer vos polices par familles, par client, par importance C'est vous qui choisissez. Évidemment, si vous préférez conserver votre bordel ambiant, rien ne vous en empêche.
Même po ! Mac OS X est plein de bon goût, et vos applications n'ont pas besoin d'être relancées pour voir leurs menus s'actualiser du moins, pour les applications Classic. Pour les applications Carbon, le résultat est plus mitigé : certaines applications se mettent à jour sans problème, d'autres (AppleWorks, Word ) gèrent un cache de polices qui se charge au démarrage. Et du coup, aucune modification ne peut être pris en compte avant le rechargement du logiciel. Dommage Pour les applications Classic, là encore, relancer l'application sera fortement conseillé (même si j'ai eu d'heureuses surprises avec, au hasard, Quark XPress).
Selon les lois de précédence établies ci-dessus, l'utilisateur a toujours raison. Le système affichera la police la plus proche du niveau de l'utilisateur.
Bah oui, quasiment.
Hmmmmmmmmmm Ça dépend. Si vous êtes un gros consommateur de polices (pas comme moi), et que vous exploitez à qui mieux mieux Illustrator, Photoshop, XPress and co, là, pas question de faire l'impasse sur un vrai gestionnaire. Suitcase et Font Reserve sont les deux produits qui ont survécu sur le marché. Les deux produits vont d'ailleurs prochainement fussionner pour donner naissance à on sait pas quoi. Mais en tout cas, ça sera un super produit de gestion de polices super balaise. Si vous voulez en savoir plus sur ces logiciels, je vous renvoie aux tests faits par mon ami François Cunéo sur le ChiteChouiche cuk.ch. Le test de Suitcase est ici, celui de FontReserve plutôt dans ce coin là du Ouaibe.
Apple a profité du grand nettoyage que représente Mac OS X pour nous aider à mieux organiser nos polices. Pour cela, Cocoa, puis Carbon 1 ont imposé une nouvelle palette de polices, qui permet de mieux les organiser au jour le jour.
Dans sa forme la plus évoluée, la palette des polices propose une liste complète de toutes les polices installées dans votre ordinateur. Et le raccourci est aussi standard : c'est Commande - T.

Oh la belle palette ! Pleine d'options qu'on peut heureusement désactiver, si besoin est.
Nous trouvons donc, tout en haut, une zone réservée pour la modification de l'aspect du texte sélectionné ou qui sera ensuite tapé. Ainsi, vous pouvez facilement rajouter une ombre, modifier la couleur du texte, etc. Notre que toutes les modifications sont faites en temps réel : augmenter ou diminuer la taille d'une police en temps réel est aussi spectaculaire qu'une bonne raclée à la droite en périodes.
Ensuite, une zone pour les collections. Il s'agit ici de classer vos polices selon votre utilisation. Avantage : ça évite les menus et les listes de polices à rallonge. Pour rajouter une police dans une collection, suffit de la glisser directement dedans à partir de la palette.
Plus intéresant encore : vous pouvez gérer des polices favorites. Admettons que vous utilisez par exemple souvent du Geneva taille 12 en italique dans vos documents. Appliquez donc ce style à une partie de votre document, puis choisissez Ajouter aux favoris dans le menu Action (celui avec l'engrenage). Si vous cliquez maintenant sur le bouton Favoris, vous constaterez que ce style a été conservé. Mais ce qui est encore plus sympa, c'est qu'il est conservé dans toutes les applications utilisant la palette de polices ! Ainsi, ces styles se retrouveront dans TextEdit, Mail, Aide-Mémoire, etc.

Cela dit, si vous n'utilisez que rarement de nouvelles polices, et si vous souhaitez quand même faire un peu le ménage, l'investissement dans un utilitaire dédié ne sera pas forcément nécessaire, car désormais Apple livre ce qu'il faut avec Panther, sous la forme du